Une histoire d’AOC

Les appellations d’origine contrôlée (AOC) sont un label officiel, témoignant du respect d’un processus de production et de transformation et indiquant l’appartenance du produit à un terroir. Elles permettent d’identifier les vins et eaux-de-vie, issus d’un savoir-faire traditionnel et sont donc un gage de qualité du produit acheté. Imaginées dans les années 1920 pour contrôler la concurrence entre les viticulteurs d’un même terroir, à l’époque entre les vignerons des Côtes du Rhône et ceux de Chateauneuf-du-Pape, cette indication commerciale a depuis parcouru un long chemin. 

1/ Les AOC françaises, une reconnaissance nationale et européenne

Créées en 1935, par un décret-loi instituant le Comité national des appellations d’origine des vins et des eaux-de-vie, les AOC ont été consacrées, après-guerre, par la création de l’Institut national des appellations d’origine des vins et des eaux-de-vie. Elles se présentent sous la forme d’un cahier des charges très strict, exigeant le respect de règles liées au terroir. Ces cahiers des charges sont en perpétuelle évolution, comme en témoigne celui de l’AOC « Cognac » qui a été modifié le 7 janvier 2015. Depuis 1992, les produits AOC peuvent également obtenir une Appellation d’origine protégée (AOP) attribuée par l’Union européenne, en fonction de la qualité du vin et de son élaboration uniquement à base de raisins provenant d’une zone géographique désignée, ou une Indication géographique protégée (IGP), lorsqu’au moins 85% des raisins proviennent d’une même zone géographique désignée..

 

2/ Les AOC d’eaux-de-vie et de champagne

En 2016, vingt-cinq eaux-de-vie bénéficient du label AOC, de l’Armagnac au Cognac, en passant par le Floc de Gascogne, le Macvin du Jura ou le Pommeau de Bretagne. Ces appellations contrôlées sont venues renforcer des dénominations géographiques préexistantes, comme les « Eau-de-vie de Cognac », reconnues par un décret de mai 1909. Le cahier des charges de ces AOC différencie le climat, la méthode d’encépagement, de distillation, de vieillissement, etc. Le label couvre même des alcools plus lointains, ainsi le rhum agricole de Martinique, fermenté et distillé à partir de jus de canne à sucre (vesou), avec des règles tout aussi spécifiques. Quant au champagne, son AOC est tout aussi pointilleuse, car la région est la seule au monde à se tourner uniquement vers les vins effervescents : son cahier des charges met l’accent sur une zone géographique restreinte (61 villages), un climat unique (cycle végétatif à 16°C) et trois cépages réservés (chardonnay, pinot noir, pinot meunier).

 

3/ La plus vieille AOC d’eau-de-vie est charentaise

Le décret du 12 octobre 1945 a institué le premier vin de liqueur AOC, le Pineau des Charentes. Cinq types de Pineau sont ainsi reconnus : le pineau blanc, le pineau blanc vieux (vieilli 5 ans et plus), le pineau blanc très vieux (vieilli 10 ans et plus), le pineau rouge et rosé, le pineau rouge et rosé vieux, et le pineau rouge et rosé très vieux. Le vieillissement minimal et les cépages de production du Pineau (Folle blanche, Malbec, Colombard) ont ainsi été inscrits dans le marbre, de quoi consacrer la méthode mais aussi la terre de naissance de l’eau-de-vie française.