Le rhum arrangé : du rhum, des fruits, des épices.. | Les Nouveaux Cavistes

Du rhum, des fruits, des épices…

Jadis, chaque famille réunionnaise ou antillaise avait sa recette pour parfumer son rhum. Aujourd’hui, les punchs et autres rhums arrangés sont devenus une spécialité à part entière. Que l’on n’est plus obligé de faire soi-même

D’abord, dissiper un malentendu : punch et rhum arrangé, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.Ceux qui voient deux produits différents derrière ces deux noms se trompent. La seule différence, c’est la géographie. Aux Antilles, on fait un punch quand on mélange des fruits et du rhum. A La Réunion,  on fait un rhum arrangé quand on mélange les mêmes ingrédients.

Cela étant dit, c’est bel et bien le « rhum arrangé » qui a pris le dessus pour désigner ce breuvage à mi-chemin entre le cocktail et la potion. A l’origine, il s’agissait surtout d’arrondir les alcools de canne très rêches produits artisanalement en leur ajoutant des fruits, du sucre, des épices et des aromates. Après avoir macéré plusieurs mois, voire plusieurs années, ces mixtures devenaient plus faciles à boire et chaque famille antillaise ou réunionnaise en servait à ses hôtes avec fierté, sûre de détenir une recette de rhum arrangé unique au monde.

La démocratisation des voyages dans les îles a encore accentué le phénomène. « De retour de vacances, beaucoup de gens qui n’auraient jamais consommé du rhum avant de partir s’en achètent au retour pour essayer de refaire le rhum arrangé qu’ils ont découvert pendant leur visite.», observe Cédric Brément, fondateur de « Ti – les rhums de Ced’ », qui s’est fait une spécialité de cette vieille tradition familiale. L’entreprise a été fondée en 2011, alors que la vague « rhum arrangé » commençait de grossir, dans le sillage du mouvement amorcé dès le milieu des années 1990, avec la commercialisation des premiers mélanges d’épices en sachet pour faire son rhum arrangé soi-même, en y ajoutant quelques fruits frais coupés. Pour ceux que cette « cuisine » effraie encore, les gammes développées par Cédric Brément ou ses concurrents permettent déjà une large palette d’expériences aromatiques. 

Côté fruits, les grands classiques à faire macérer avant dégustation sont la mangue, l’ananas, la papaye et la banane. Mais la pomme, l’orange, le litchi, le raisin, la poire, la fraise, la cerise, la framboise… peuvent aussi convenir. Même chose pour les épices. La vanille et la cannelle sont les incontournables, mais le poivre, le piment, la cardamome, l’anis étoilé, la menthe, le basilic… sont aussi couramment utilisés.

De même que des épices locales comme le bois-bandé aux Antilles ou la feuille de faham à La Réunion.  Attention toutefois si vous vous lancez : le temps de macération optimal de chaque fruit n’est pas le même. Renseignez-vous avant. Et dans tous les cas, veillez à bien choisir un récipient remplissable jusqu’à ras bord. L’air, qui oxyde les fruits, est en effet l’ennemi d’un bon rhum arrangé. Pour le reste, c’est comme dans les familles de la Caraïbe ou de l’océan Indien : chacun la sienne.  

Voir tous les rhums arrangés ici. 

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