Bouchons: les alternatives au liège - Caviste en ligne - Les Nouveaux Cavistes

 

LE GOÛT DU BOUCHON VAINCU PAR LES POLYMERES

 

Déjà utilisé dans la Grèce antique pour protéger le vin et l’huile de l’oxydation, le liège était aussi apprécié des romains, qui obstruaient leurs amphores en collant un bouchon sur le col avec de la poix, pour assurer une meilleure étanchéité. Tombé en désuétude par la suite, le liège a connu un second âge d’or à partir du XVIIIe siècle, avec l’invention du champagne.

Pour tenir ce vin turbulent en bouteille sans que le gaz carbonique qu’il contient ne puisse s’en échapper, il fallait en effet une parfaite étanchéité au bouchon. Seul le liège pouvait alors remplir ce rôle. Et c’est ainsi qu’il s’imposa pour boucher toutes les bouteilles. Avec un gros inconvénient lorsqu’il s’agissait de champagne, de vin ou de spiritueux : la présence possible de TCA (Acide trichloracétique), ces molécules responsables du « goût de bouchon » qui peut transformer les meilleurs crus en horrible piquette. A priori indécelables sans analyses poussées, ces molécules de la famille des haloanisoles se retrouveraient sur environ 10% des bouchons de liège, qui représentent toujours 80% de la production totale de bouchons dans le monde.

Les 20% restants sont principalement des bouchons en polymères, apparus au début des années 1990 ; d’abord aux Etats-Unis et en Australie, puis partout dans le monde, y compris en France.

Pour s’imposer, il a fallu du temps à ce bouchon synthétique que l’on a d’abord regardé comme un intrus. Du temps pour démontrer aux viticulteurs et aux distillateurs que ce « liège en plastique » n’avait aucun impact néfaste sur le contenu des bouteilles ; qu’il résistait parfaitement au temps et que l’origine artificielle - donc vulgaire - du matériau de base ne nuirait pas au prestige de leur production.

Vingt-cinq ans plus tard, tout le monde est rassuré. Non seulement le « goût de bouchon » est totalement éradiqué, mais les caractéristiques de perméabilité, de stabilité et de durabilité des bouchons synthétiques en font une solution plutôt meilleure que le liège, y compris pour le vieillissement. Dernier avantage : pouvoir conserver les bouteilles debout. Car le liège dessèche s’il ne baigne pas dans le liquide. Les polymères, eux, ne bougent pas. Ils coûtent beaucoup moins cher à produire que l’écorce naturelle du chêne-liège, dont la France reste un gros producteur avec les forêts du Var et de Corse bien que le Portugal, l’Espagne et l’Italie se partagent le podium. Le match entre la nature et le génie humain continue.