Deux cents bougies pour le champagne rosé | Les Nouveaux Cavistes

Deux cents bougies pour le champagne rosé

Attribuée à la célèbre veuve Clicquot, l’invention du champagne rosé d’assemblage remonte à 1818 et fête donc cette année ses deux siècles d’existence. Retour sur une success story (une histoire à succès) française qui ne s’est jamais démentie.

Le dire est une évidence : c’est pour sa couleur que le champagne rosé séduit d’abord les amateurs. Mais ce n’est pas pour le seul plaisir des yeux que Barbe Nicole Ponsardin, la célèbre veuve Clicquot, eut l’idée d’ajouter un peu de rouge à ses vins blancs, afin d’en rehausser les notes fruitées et la douceur. La mode et le goût de l’époque penchaient pour des vins plus sucrés que de nos jours, et cet assemblage collait à cette tendance. C’était en 1818, une date que la maison Clicquot célèbre bien entendu tout au long de cette année, avec des événements et des bouteilles spéciales.

Pour autant, c’est une cinquantaine d’années plus tôt, en 1764, que furent vendues les premières bouteilles de vin de champagne de couleur rouge/rosée. Mais, produit par Ruinart, la plus ancienne maison de champagne - fondée en 1729 -, ce vin là était un œil-de-perdrix effervescent et pas un champagne au sens où on l’entend aujourd’hui.

Depuis l’intuition de son emblématique patronne, le champagne rosé d’assemblage est resté un marqueur identitaire fort pour Clicquot. Son succès commercial a cependant donné des idées à d’autres maisons, nombreuses à avoir inclus dans leur gamme un champagne rosé. Surtout depuis une vingtaine, d’années avec une part de marché qui représente désormais un peu plus de 10% à l’export, où la demande augmente en moyenne de 3,6% par an depuis 2005, atteignant en 2016 des volumes record, selon les chiffres du « Comité Champagne », l’organisation professionnelle des producteurs champenois.

Contrairement aux vins rosés tranquilles de Provence ou d’ailleurs, obtenus par saignée ou pressurage direct, les champagnes rosés sont en grande majorité issus d’un assemblage contenant de 15 à 25% de vin rouge, une méthode rigoureusement interdite par la législation française pour les rosés tranquilles. Mais comme pour ces derniers, dont le succès à l’exportation ne se dément pas, la tendance est au rose pâle, donc aux assemblages contenant un part de plus en plus faible de rouge.

En Champagne, les goûts et les couleurs, ça se discute et ça se mélange. Avec précautions.

 

Découvrez tous les champagnes rosés disponibles sur Les Nouveaux Cavistes ici.

Découvrir tous les articles autour du champagne