Lire une étiquette de champagne | Les Nouveaux Cavistes

 

 

COMMENT LIRE UTILEMENT, UNE ETIQUETTE DE CHAMPAGNE ?

 

Sauf peut-être les Champenois eux-mêmes, tous les amateurs de champagne se sont un jour gratté la tête devant une bouteille de ce vin pétillant apprécié dans le monde entier. Pour une raison simple : la signification des signes, pictogrammes et autres acronymes que l’on retrouve sur toutes les bouteilles de champagne. Correctement traduits, chacun de ces éléments présents sur l’étiquette, la contre étiquette (quand il y en a une), la capsule et la collerette d’une bouteille permet pourtant d’en savoir assez long sur le vin qu’elle contient et les hommes qui ont participé à son élaboration. 

Outre la marque commerciale de la bouteille, la première mention obligatoire à vérifier, c’est l’appellation « champagne », qui garantit que tous les vins entrant dans la composition de cette bouteille ont été produits à partir de raisins récoltés dans les vignobles sous appellation d’origine protégée « Champagne ».

La deuxième mention obligatoire, c’est le taux de sucre du vin –également appelé dosage-, qui varie en fonction des ajouts de liqueur en cours d’élaboration. Les moins sucrés – et les plus consommés- sont les bruts. Suivent les demi-secs, les secs, qui s’apparentent à un liquoreux.

L’étiquette doit également contenir le « titre alcoométrique volumique », exprimé en % d’alcool, ainsi que le nom ou la raison sociale de l’élaborateur, la commune où est situé son siège social (et la commune d’élaboration si elle est différente du siège) et « France » ou « Produit de France ». L’élaborateur doit aussi mentionner sur l’étiquetage son numéro d’immatriculation professionnel délivré par le Comité des vins de Champagne. Ce numéro doit être précédé de la catégorie professionnelle à laquelle il appartient. Il s’agit de deux initiales dont il est important de connaître la signification.

En voici la liste :

RM : Récoltant manipulant. Personne physique ou morale qui élabore son vin dans des locaux lui appartenant et à partir de raisins issus de sa propre récolte. Les champagnes dits « de propriétaire » sont élaborés uniquement par des récoltants manipulants.

RC : Récoltant coopérateur.  Personne physique ou morale qui récolte les raisins de son domaine et les confie à sa coopérative pour être pressés. Selon les accords qu’il possède avec la coopérative et ses possibilités propres, il peut récupérer sa récolte à tous les stades de l’élaboration du vin. Sous forme de moûts et jusqu’à la bouteille prête à être étiquetée et mise sur la marché.

CM : Coopérative de manipulation. Personne morale qui élabore dans ses locaux des vins issus des raisins récoltés par ses adhérents et commercialisés de façon indifférenciée sous une marque commune.

SR : Société de récoltants. Personne morale qui élabore et commercialise des vins issus de la récolte de ses membres et mis en vente sous une marque commune.

NM : Négociant manipulant. Personne physique ou morale qui élabore des vins dans ses locaux, à partir de raisins achetés à des viticulteurs. Un négociant manipulant peut également posséder des vignobles et élaborer une partie de ses vins à partir de ses propres raisins.

ND : Négociant distributeur. Personne physique ou morale qui achète à des élaborateurs des vins embouteillés prêts à être commercialisés et qu’il étiquette à sa marque dans ses locaux.

MA : Marque d’acheteur. Personne physique morale qui élabore des vins et les commercialise sous une marque appartenant à une autre personne physique ou morale. Un champagne MA peut avoir été élaboré par un récoltant, un négociant ou une coopérative.

Parmi les autres mentions obligatoires devant figurer sur une bouteille de champagne, on notera le numéro d’identification du lot, pour assurer la traçabilité des produits, ainsi que la présence éventuelle d’allergènes (sulfites et dioxyde de soufre, principalement) et, bien sûr, la contenance de la bouteille.

Les mises en garde relevant de la politique de santé publique, à savoir « consommer avec modération » et  « la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant », sont obligatoires sur les publicités. Le logo rouge barré « femme enceinte » est obligatoire sur les bouteilles.

La mention d’un millésime est, elle, toujours réservée à des vins issus d’une seule et même récolte, sachant que la plupart des champagne sont élaborés à partir de vins de plusieurs millésimes.

Toutes les autres mentions de type « Réserve spéciale », « cuvée prestige » et autres « tête de cuvée » relèvent du marketing. Si en revanche, l’élaborateur fait figurer des précisions sur le type de vin comme « blanc de blancs », « blanc de noirs », « rosé »… ou les différents cépages entrant dans la composition du vin, il s’oblige bien entendu à une sincérité sans faille.