Portologia, Caviste portugais à Paris - Les Nouveaux Cavistes - Caviste en ligne - Les Nouveaux Cavistes

Julien Dos Santos

Portologia, Caviste portugais à Paris

L’adresse figure en bonne place sur le calepin des amateurs les plus éclairés. Ouverte en décembre 2015 en plein cœur de Paris, la boutique Portologia propose une sélection unique en France de vins portugais, à commencer par les plus renommés d’entre eux : les Porto. Un choix qui ne doit rien au hasard. L’initiateur du concept, Julien dos Santos, semblait comme prédestiné : né en France de parents portugais, il a renoué les fils d’une histoire familiale qui oscille désormais entre l’hexagone et la vallée du Douro, premier vignoble au monde à avoir fait l’objet d’un classement, dès le milieu du XVIIIe siècle. Des études de marketing et l’héritage culturel d’un grand-père et d’un père vignerons dans cette vallée où la vigne est reine, l’ont naturellement conduit vers une carrière en lien avec ses racines. A seulement 29 ans, il est déjà une figure du négoce de Porto en France, qui reste le premier pays consommateur au monde de ces vins dont on méconnait encore la richesse et le caractère.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de Portologia ?

C’est une enseigne que j’ai créée il y a 3 ans, après avoir racheté Vinologia, une entreprise portugaise fondée en 2000 par un Français, Jean-Philippe Duard, qui cherchait alors à passer la main. Je l’avais rencontré au salon des vins de Dijon, en 2014. Je travaillais alors au service marketing de la Quinta da Pacheca, dans la vallée du Douro, le berceau de ma famille, mais j’avais déjà en tête de créer ma propre entreprise dans le Porto, autant par goût que par tradition familiale. J’ai donc conservé le site de Porto et j’ai ouvert la boutique de Paris il y a un peu moins de 2 ans. Nous sommes les seuls à proposer plus de 200 références de Porto, dont de très nombreuses que nous commercialisons en exclusivité en France.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’ouvrir un espace spécialisé en France ?

Parce qu’il y avait un manque. Je croisais de plus en plus de gens qui rentraient du Portugal et qui ne retrouvaient pas ici les vins qu’ils avaient découverts et appréciés là-bas. Les seuls produits disponibles étaient alors ceux des grandes maisons, qui sont assez standardisés dans leur version export. C’est justement ce que faisait Jean-Philippe Duard au Portugal : faire découvrir les vins des petits producteurs, encore très mal connus puisqu’ils n’existent vraiment que depuis une trentaine d’années.

C’est-à-dire ?

Jusqu’en 1986, les règlements en vigueur depuis des siècles obligeaient les vignerons qui voulaient vendre leur vin sous l’appellation Porto à avoir leurs chais de vieillissement à Vila Nova de Gaia (1), ce qui a historiquement empêché les petits propriétaires de développer leur marque, car il fallait atteindre une certaine taille pour avoir les moyens d’installer ces chais. Quand cette obligation a disparu, beaucoup de petits propriétaires ont cessé de vendre leurs raisins à bas prix aux grandes maisons et se sont mis à vinifier et à élever leurs vins eux-mêmes. Cela a permis de développer des produits plus originaux, avec des caractères très spécifiques, même si le cahier des charges de l’appellation Porto reste très strict dans son application. L’Institut national des vins de Porto est très pointilleux, parfois trop même. Il contrôle tout, de la vendange à la commercialisation.

Comment dénichez-vous ces bouteilles forcément rares ?

En allant sur place. Depuis plusieurs années déjà, je partage mon temps entre la France et le Portugal et cela me donne la possibilité de parcourir la vallée du Douro et de découvrir de nouveaux domaines. Comme j’ai aussi récupéré la vigne de mon grand-père, cela me donne l’opportunité de rencontrer d’autres vignerons et de découvrir parfois des trésors cachés que j’essaye ensuite de partager avec mes clients.

Comment expliquez-vous que la France soit le premier consommateur de Porto dans le monde ?

Elle ne va pas le rester, le Portugal ne devrait pas tarder à passer devant, grâce au développement du tourisme qui booste la consommation locale. Pour la France, c’est historique. Les Français aiment le vin, et pas seulement le vin français. Le Porto y est apprécié depuis très longtemps, ce qui contribue d’ailleurs à entretenir une image poussiéreuse qu’il ne mérite pas. La diaspora portugaise est aussi très nombreuse en France et de nombreux Portugais de France, ou de Français d’origine portugaise, retournent ou vont plus facilement au Portugal depuis quelques années. Ils y goûtent des vins très bons qu’ils veulent retrouver une fois rentrés chez eux.

En quoi les bouteilles que vous proposez sont différentes des meilleurs flacons vendus par les grandes et vieilles maisons de Porto ?

Ces grandes maisons n’ont pas de stocks très anciens, au contraire des petits producteurs, pour les raisons historiques dont on a déjà parlé. Ce qu’ils vinifiaient pour eux et qu’ils gardaient dans leur cave, certains en ont encore de très beaux stocks, avec des vins de 20, 30, 50 voire plus de 100 ans d’âge. Une fois assemblés, cela peut donner des produits exceptionnels, sans commune mesure avec ce qu’on a l’habitude de boire quand on aime le Porto mais qu’on ne le connait pas.

- (1) : Le quartier portuaire de la ville de Porto, à l’embouchure du Douro, d’où partent depuis le XVIIIe siècle les vins de Porto vers les ports du monde entier.

Découvrir la sélection de Portologia>

- Portologia, 42, rue Chapon – 75 003 Paris 

Retrouver cet article dans notre rubrique : Le caviste du moment - Caviste en ligne - Les Nouveaux Cavistes. C’est à chaque fois l’occasion de mettre en avant une rencontre entre un homme et sa passion, ici un caviste Portugais à Paris. Un rendez-vous à ne pas manquer sur le site les nouveaux cavistes site spécialisé dans les champagnes, les spiritueux ainsi que leurs dégustations. Trouvez votre caviste en ligne sur le site Les Nouveaux Cavistes.
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