Pourquoi les rhums peuvent-ils être ambrés ? | Les Nouveaux Cavistes

Pourquoi les rhums peuvent-ils être ambrés ?

Les teintes chaudes qui colorent quelques uns des rhums les plus appréciés sont-elles toujours gage de qualité ? Tout dépend de la façon dont le rhum a été produit et comment il a pris sa couleur. Explications

C’est un adjectif que l’on retrouve souvent sur les étiquettes de rhum, mais peu de gens savent finalement ce qu’il signifie.

Ambré, cela pourrait suggérer un lien de parenté avec la résine fossile dont on fait des bijoux aux reflets dorés. Le rhum ambré en contient-il ? Bien sûr que non. La seule chose qu’il partage avec cette pierre semi-précieuse, c’est cette teinte chatoyante qui flatte l’œil et change la lumière en or. Ambré, c’est donc seulement pour désigner un rhum coloré, par opposition au rhum blanc, agricole ou traditionnel, tel qu’il coule de l’alambic.

Mais pour ambré qu’il soit, le rhum ne tire pas forcément de cette couleur flatteuse des qualités particulières. Dans les faits, tout dépend de la façon dont s’est opérée cette coloration.

Pour ce qui concerne le rhum distillé dans l’un des départements français producteurs – la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion -, la couleur ambrée est toujours le signe d’un vieillissement en fût de chêne.  C’est aussi le cas des produits qui arborent la mention « rhum vieux », pour lesquels un vieillissement en fût de chêne de 3 ans minimum est obligatoire pour un VO (pour Very Old), 4 ans pour un VSOP (Very Special Old Pale) et 6 ans pour un XO (Extra Old). Sur le territoire français, la règlementation permet également de vendre des produits sous le nom de « rhum ambré agricole » s’il est effectivement de type agricole et s’il a vieilli au moins 18 mois en fût.

Pour autant, quelles que soient la matière première et la méthode de distillation employées, le rhum ambré n’est pas nécessairement un rhum vieux.

Les pays de tradition hispanique, qui restent les principaux producteurs de rhum en volume, autorisent en effet l’ajout d’arômes et de colorants qui modifient le goût et l’aspect du produit fini.

S’il sort des distilleries vénézuéliennes, cubaines, jamaïcaines, porto-ricaines, philippines ou colombiennes, le rhum peut donc être ambré parce qu’il a vieilli patiemment dans le bois ou parce qu’on y a versé du caramel. Inutile, par conséquence, de considérer sa couleur comme un critère absolu de qualité pour un rhum. Le tout est de savoir comment et pourquoi elle est arrivée là. Si c’est l’œuvre du temps ou affaire de cosmétique.

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