Ce qui distingue les rhums français des autres | Les Nouveaux Cavistes

Ce qui distingue les rhums français des autres

Lorsqu’ils sont distillés sur une terre française, les rhums bénéficient d’un contexte historique et règlementaire qui en font des produits à part sur le marché mondial. Explications.

Connus et appréciés des amateurs dans le monde entier, les rhums des îles françaises doivent évidemment leur réputation à leur goût, à la gamme très vaste de leurs parfums et aux arômes complexes qu’ils développent en vieillissant.  Une caractéristique que revendiquent à juste titre d’autres pays producteurs autour du globe. Mais, là où la production française marque sa différence et sa spécificité, c’est dans la règlementation stricte des méthodes de production qu’elle impose aux producteurs et dans l’utilisation tout aussi encadrée des appellations. Des contraintes attachées à de très nombreux produits alimentaires et adoptées au fil du temps pour protéger le consommateur contre les tromperies, les arnaques et la publicité mensongère. Dès lors qu’ils souhaitent bénéficier d’une appellation d’origine contrôlée (AOC)  – ou de son équivalent européen moins contraignant, l’indication géographique protégée (IGP) -, les producteurs doivent se soumettre à ces contraintes qui pèsent d’un bout à l’autre de la chaine de production. Elles garantissent au consommateur que la bouteille achetée a bien été produite en conformité avec la réglementation, dans la région mentionnée sur l’étiquette et à partir de matières premières de la même origine géographique. Elles garantissent également qu’aucun arôme, colorant ou additif de quelque nature que ce soit n’a été ajouté au produit et que sa couleur est seulement due au vieillissement en fût et au contact prolongé avec le bois.

Parce qu’ils en connaissent la valeur et savent la reconnaissance dont elles bénéficient, la grande majorité des producteurs de rhum sous étendard français acceptent donc les contraintes de l’appellation d’origine quand il en existe une (c’est le cas en Martinique depuis 1996) ou de l’indication géographique protégée. D’autant que la France est aussi réputée pour être le pays le plus strict en matière de règlementation de la production d’alcool. L’effort supplémentaire pour  bénéficier d’une AOC ou d’une IGP est donc minime pour eux. On notera d’ailleurs que les déclinaisons européennes de ces règlements sur les noms et les appellations sont directement inspirés des textes français, mis en application sur le contrôle de l’Institut national des appellations d’origine (INAO).

Une autre caractéristique qui distingue les rhums français, c’est qu’ils sont très majoritairement produits à partir de jus de canne à sucre frais et non pas de mélasse ou de résidus de l’industrie sucrière, comme c’est souvent le cas dans les autres grandes zones de production, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud ou en Asie. C’est la base du rhum dit « agricole », dont les producteurs français sont les inventeurs. Une réalité qui trouve ses origines dans le blocus maritime des Antilles par la flotte anglaise au début du XVIIIe siècle, qui coupa un temps la route du sucre vers la métropole. Pour faire face à la pénurie, la France développa alors une alternative avec le sucre de betterave, qui marginalisa la canne, y compris après la levée du blocus. De nombreuses sucreries antillaises firent ainsi faillite, tandis que certaines d’entre elles se mirent à distiller le jus frais de canne dont elles disposaient à profusion. Le rhum agricole était né. Un fait historique qui permet toujours, deux siècles plus tard, aux rhums de nos terres lointaines de se démarquer des autres.

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